L’exposition Giovanni Boldini. La seduction de la peinture, est en cours dans les salle de la Cavallerizzade Lucques et peut être visitée jusq’au 2 juin 2026.
L’exposition permet de faire un voyage à travers la peinture de Boldini et de suivre son évolution artistique.
Giovanni Boldini
Né à Ferrare en 1842, il s’installe très jeune à Florence, où il entre en contact avec le groupe des Macchiaioli Toscans.
En 1867, il effectue son premier voyage à Londres, puis se rend à Paris pour visiter l’Exposition Universelle.
Il tombe immédiatement amoureux de la capitale française et décide de s’y installer définitivement en 1871.
Là, il trouve un nouveau marchand, Goupil, et une modèle qui deviendra sa compagne pendant dix ans, la belle Berthe, qui apparaît dans de nombreuses œuvres, dont La Dame qui lit.
À Paris, sa carrière décolle et il devient le portraitiste le plus demandé par l’élite parisienne.
Comtesses, chanteuses, riches américaines, princesses, comme Eulalie d’Espagne, actrices, toutes veulent être portraiturées par le grand peintre italien !
Boldini les aime toutes et les comble toutes !
Boldini les séduit, les charme, les dépouille d’un regard et… les met aussi au régime !
Oui, car pour entrer dans les robes qu’il choisissait pour les peindre, il fallait avoir… une taille de guêpe !!
Il dictait la mode et s’adressait souvent aux grands couturiers de l’époque, comme Worth, pour avoir la robe parfaite pour chaque portrait.
Et… avec Boldini, on ne s’ennuyait jamais !
Ne vous imaginez pas, en effet, de longues et ennuyeuses heures de pose !
Non, non, au contraire, il faisait parler sans cesse ses modèles car il voulait les rendre aussi naturels que possible, afin de les représenter ainsi dans ses portraits.
Des portraits réalisés sur le vif, après de nombreux croquis à la mine de crayon pour étudier le visage, la coiffure, la pose, mais, pas content de cela, lorsqu’il finissait de travailler à l’atelier, il se rendait au Boulevard de Boulogne pour observer, caché, ses modèles hors de la sacralité de l’atelier.
Giovanni Boldini. La séduction de la peinture
C’est l’artiste lui-même qui nous accueille à l’exposition avec son tableau L’Autoportrait à 69 ans : nous faisons face à un homme en costume marron élégant qui nous scrute à travers ses petites lunettes.
Il nous regarde.
Il nous observe.
Mais il retrace aussi sa vie, à rebours.
Ainsi, dans la première section dédiée aux Macchiaioli Toscans, il revisite la période qu’il a passée à Florence, ses premières œuvres, ses premiers portraits, comme celui du Général Espagnol dont il est très fier : « L’une des meilleures choses que j’ai faites », écrit-il dans une de ses lettres.
Dans ces premiers portraits, il adopte la technique du “tacheté”, mais il est surtout important de signaler l’évolution du genre grâce à Boldini.
Des portraits en situation, où le personnage est représenté dans son environnement, des œuvres qui rivalisent avec la photographie naissante mais qui, surtout, s’efforcent de sortir le genre du portrait de l’impasse de l’Académie.
L’exposition permet aussi de faire dialoguer Boldini avec d’autres peintres, et dans la salle de la première section, nous trouvons également des œuvres de Signorini, Borrani et du Livournais Cesare Bartolena.
On poursuit avec le premier séjour parisien de Boldini, documenté par quelques petites peintures réalisées pour Goupil, le marchand d’art historique qui aimait, pour sa clientèle, des petites toiles (très faciles à vendre) représentant un XVIIIe siècle frivole et piquant, dans le style de Mariano Fortuny et Meissonier: de petites sucreries, comme les appelle Diego Martelli, très populaires à l’époque.
Boldini, le grand séducteur
Disons-le tout de suite : Boldini n’est pas beau, mais il a un grand charme, il a ce “je ne sais quoi” qui fascine!
Les femmes l’aiment, et lui, il aime les femmes.
Après environ dix ans de vie commune, la belle Berthe est remplacée par la comtesse Gabrielle de Rasty, mariée au comte Constantin de Rasty : la femme est peinte à de nombreuses reprises.
L’exposition présente un portrait fascinant de Gabrielle, La comtesse de Rasty assise en robe noire, peint vers 1879.
Mais Boldini ne se contente pas de peindre Gabrielle, il veut la confronter à la belle et douce Berthe.
C’est ainsi qu’apparaît Conversation au café, réalisée un an avant, où il représente les deux femmes assises dans un café parisien, en train de discuter : deux femmes complètement différentes, la réservée et blonde Berthe, qui semble presque agacée par l’exubérance de la de Rasty, et cette dernière, brune et pétillante, envahissant l’espace de l’autre.
L’ascension
Le parcours du comte Bazza Testone Boldini, comme l’appelaient affectueusement ses amis, est une ascension continue, et son style est en constante évolution.
Cette évolution est documentée par une série de portraits, certains grandeur nature, qui dialoguent également avec les œuvres d’autres artistes italiens présents à Paris: De Nittis, Corcos et Zandomeneghi, tous témoins avec lui de cet univers de divertissement éclatant et de mondanité qu’est la Belle Époque.
En parcourant les salles de la Cavallerizza, vous serez fascinés par la peinture du Ferrarese, qui présente de plus en plus les caractéristiques de son style: un visage bien défini, des mains aux doigts longs et fins, tandis que la robe et l’arrière-plan deviennent de plus en plus flous.
Le signe pictural de Boldini: la peinture en feu d’artifice
Il vous fascine, vous fait des compliments, vous met la tête à l’envers: c’est ainsi que Diego Martelli parle du grand peintre.
La Comtesse Speranza est un portrait de 1899.
La comtesse, dont l’identité n’est pas précisée, se montre dans toute sa splendeur.
Représentée grandeur nature, son visage de profil se détache contre le fond sombre derrière elle, et la lumière met en valeur la blancheur de son décolleté souligné par l’importante décolleté de sa robe qui suit la ligne sinueuse de son corps : la peinture de Boldini devient une étincelle de lumière, faisant ressortir les perles et les décorations de sa longue robe noire qui enveloppe le corps de la femme.
Les coups de pinceau sont des éclats de lumière.
Ces éclats de lumière évolueront vers ce que l’on appellera la peinture “à feu d’artifice”, dans laquelle le peintre adopte un style nerveux, composé d’éclats de couleurs et de coups de pinceau exécutés d’un seul geste, dans un tourbillon de lumière et de couleurs qui enveloppe le portrait, conférant au tableau un dynamisme intense.
En parcourant les salles de la Cavallerizza, vous serez enveloppés par cette atmosphère particulière qui vous pénétrera et ne vous quittera plus.
Laissez-vous séduire par l’élégance parisienne qui défile dans les salles !
Si vous avez envie de passer une heure dans la beauté, n’hésitez pas à nous contacter, nous serons ravis de vous accompagner pour vous faire séduire par la peinture du grand Giovanni Boldini.